Plusieurs fiefs sont cités dès le Moyen Age. Quelques belles demeures, d’époques diverses, sont encore associées à ces noms. Au Moyen Age, les bâtisses présentent un caractère défensif approprié à la période de troubles liée notamment à la guerre de Cent Ans.

A partir du XVIème siècle et jusqu’au XIXème siècle, les nouvelles constructions répondent quant à elles aux nouvelles exigences de confort.

Plusieurs fiefs, laïcs et religieix, se partageaient les terres de Liglet sous l’Ancien Régime : la Tour de Liglet, le Corcheron, Fontmoron, Courtevraud, le Poiron, Bois-Grenier, le Verger, la Gerbaudière, Peugible, la Marcolière, la Jacquetière. Nombre d’entre eux présentent un lien important avec les seigneuries de Bélâbre et de la Gâtevine (Indre).

Courtevraud

La mention la plus ancienne de ce fief remonte au au XIVème siècle, et Bressoles s’y succèdent du Moyen Age au XVIIème siècle. Le fief relève alors de la seigneurie de Bélâbre. La faille Durfort de Born est propriétaire en 1648. Puis en 1751, Charles Armand de Pons vend Courtevraud à Claude Bardin de la Salle. En 1774, Claude Bardin est seigneur de Courtevraud et du Poiron.

L’ensemble présente aujourd’hui des constructions d’époques différentes. Cependant une certaine unité existe grâce aux toitures en tuiles plates présentes sur la majorité du bâti.

L’ensemble est composé d’un corps de logis principal de plan rectangulaire, flanqué d’un pavillon carré donnant sur le jardin. Une tour de plan carré prolonge le corps de logis principal de l’autre côté.

A proximité de cette dernière, une tourelle circulaire, bien que remaniée, pourrait remonter à la fin du Moyen Age. Côté cour une aile a été ajoutée au XIXème siècle.

La restauration du pigeonnier en 2007 a permis de découvrir plusieurs archères qui laissent supposer que cette tour avait, à une époque donnée, une vocation défensive. En 1610, elle était désignée comme pigeonnier.

Le Corcheron

Situé en limite du bour, ce fief relevait en 1268 de l’abbaye de Saint-Savin. Il porte le même nom que le cours d’eau situé en contrebas. Au XVIIème siècle, la famille Desmarquets en est propriétaire et en 1682, Gabriel Lecoigneux, seigneur de Bélâbre, l’acquiert. Le Logis est protégé de hauts murs percés d’une porte cochère et d’une porte piétonne datées de 1771.

Le Poiron

Le lieu est cité en 1328. Ce fief relevait de Courtevraud. Au XVème siècle, Guillemin Bores, fils naturel du seigneur de Courtevraud, est seigneur du Poiron. Au XVIème et XVIIème siècles, la famille Bardin Durivault succède à la famille Bordes. Le château actuel est construit au XIXème siècle par Monsieur Dessaux à l’emplacement d’un bâti plus ancien.

Christian de Monplanet, petit fils de Monsieur Dessaux, a été maire de Liglet de 1912 à 1919 et de 1925 à 1929. Le château du Poiron était encore récemment alimenté en eau par un système de bélier hydraulique.

Le Verger

Le lieu est cité en 1274. Le fief relevait de la seignerie de La Trimouille et appartient à la famille Bressoles aux XVIème et XVIIème siècles. Se succèdent les familles de Bony (XVIIème) ), d’Oiron (XVIIIème), d’Abadie au XIXème. Le marquis d’Abadie (1849-1924) est le dernier grand veneur chasseur de loups denas le canton de La Trimouille, avec son équipage « Saint-Hubert Hallali ». Le logis est complètement repris au XIXème siècle et possède un beau parc et une chapelle.

Bois-grenier

Ce fief relevait de la seigneurie de La Trimouille. Plusieurs familles s’y succèdent : des de Forges (XVème – XVIIème siècles), les de Bony de Lavrgne (XVIIème et XVIIIème siècles). Le manoir conserve de beaux éléments relevant de la fin du Moyen Age.

Peugible

Cité en 1408, Clément de Forges rend aveu pour sa terre de « Puy-aux-Gibez » au seigneur de La Trémoille. Ce fief semble appartenir à la famille de Forges jusqu’au XVIème siècle.

La Maison Forte

Situé à 2m de la façade de l’église, cette maison forte se démarque peu des autres maisons du village.

A la fin du Moyen Age, la région est très touchée par les ravages de la guerre de Cent Ans et le fief de Liglet relève à cette époque des seigneurs de Bélâbre.

En 1434, Catherine de Lespinasse, veuve de Jean de Pocquières, seigneur de Bélâbre, accorde aux habitants de Liglet l’autorisation de fortifier l’église « pour la mettre à l’abri des gens d’armes qui ravageaient le pays ». La Maison Forte correspond au courant de fortificatipon que connaît cette période des XIVème et XVème siècles. Ces systèmes modestes ne peuvent faire face à des armées, mais peuvent répondre aux coups de mains des capitaines peu scrupuleux et de leurs bandes armées qui courent des campagnes à cette époque.

La construction présente un plan quadrangulaire irrégulier et trois de ses angles sont arrondis. Elle se compose d’un rez-de-chaussée et d’un étage. L’épaisseur des murs varie de 0.85 m à 1.40 m. Des archères-canonnières sont encore visible sur les côtés ouest, nord et est. Malgré des modifications modernes, elle présente encore plusieurs aspects défensifs : angles arrondis pour réduire les impacts des projectiles, rez-de-chaussée sans ouvertures, archères – canonnières, épaisseurs des murs importante au nord et à l’ouest. La typologie des archères-cannonnières autorise une datation de la première moitié du XVème siècle.

L’accès initial se faisait à l’est, du côté de l’église, par une ouverture aujourd’hui condamnée mais visible à l’intérieur du bâtiment.

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