Les masques ont été réalisés en atelier avec Cléo et les habitants du village.
© Photo NR

Du 12 au 22 août, la compagnie Tusitala de Saint-Germain s’est installée au cœur du village de Haims, dans le bois derrière la mairie. Après des actions de médiation culturelle et artistique (fabrication de masques d’animaux avec des habitants, stage de création avec douze acteurs amateurs), la collaboration entre la commune de Haims et Tusitala a permis d’inviter 220 personnes au spectacle Entrer en forêt les 20, 21 et 22 août.


« La forêt, comme un ailleurs… » D’abord, on est invité à s’asseoir sous les chênes pour partager un repas préparé par les bénévoles, puis, une fois la nuit tombée, on nous guide dans la forêt. « La forêt, comme un ailleurs, empreint de mystères, d’inconnu. Cheminement ponctué de textes, d’histoires, d’images, lumières, tableaux… » : au hasard d’un buisson, d’une souche, un acteur ou une actrice apparaît, donnant un texte où il est question de végétal, de courage, de paradoxes, d’aventures, de mystères et parfois de mondes imaginaires. Le conte n’est jamais loin dans la forêt. Deux enfants passent, l’un semant des petits cailloux, l’autre, toute de rouge vêtue, les ramassant sans vergogne. Certains chantent, comme une incantation à quelques divinités sylvestres. D’autres débattent sans s’écouter. « Il parait que parfois la forêt nous écoute. Il parait que, d’un coup, tous les bruits se calment. Il parait que dans ces moments-là, nos voix résonnent avec un peu plus d’importance. » (1)


Quand une histoire commence… Le temps est suspendu, on accueille les surprises, comme celle des lumières de Polisto dans les frondaisons, scintillements multicolores, projections d’images de bêtes sauvages furtives. Un peu ce qu’évoque Wajdi Mouawad quand il dit : « On ne sait jamais comment une histoire commence. Je veux dire que lorsqu’une histoire commence et que cette histoire vous arrive à vous, vous ne savez pas, au moment où elle commence, qu’elle commence. » Et quand on sort du bois, c’est la musique d’un violoncelle qui nous guide vers le départ. À regrets.
(1) Extrait de« Zone à étendre », Mariette Navarro.

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